Roland Besenval à l’AfK

En novembre l’Alliance Française a accueilli au Bureau des chercheurs deux grands archéologues et chercheurs spécialistes du Pakistan, Aurore Didier et Roland Besenval.

Roland Besenval est un archéologue membre du CNRS, qui, entre ses différentes missions en Afghanistan, en Iran et son bureau du Musée Guimet à Paris, a fait étape à Karachi. Depuis 1986, il travaille dans le Makran, une région située au Sud Est du Pakistan.

« Karachi a toujours été le port d’entrée pour nous vers le Makran, mais ce n’est que récemment que nous avons découvert l’Alliance Française de Karachi qui nous accueille désormais. » nous a-t-il confié. En effet tous les services archéologiques sont basés à Islamabad.

Ce passionné d’archéologie a sillonné le Moyen-Orient au sens large du terme puisqu’il a travaillé et travaille toujours entre Oman, l’Iran, l’Afghanistan et le Pakistan.

Ce chercheur passionné par l’Orient a étudié le persan, qu’il parle couramment, et l’archéologie, ce qui lui a permis de rejoindre des missions archéologiques françaises en Iran et Afghanistan alors qu’il était étudiant en licence à la Sorbonne. Ce chercheur toujours sur les routes de l’Orient a su rester en dehors de la politique ce qui lui a permis de rester présent sur le terrain de la recherche en dépit des aléas de cette région.

Parallèlement à sa présence au Pakistan, Roland Besenval a été directeur de la Mission Archéologique en Afghanistan de 2002, lors de la réouverture de cette Mission au départ des talibans, à 2009.

Il a passé plus de 25 ans dans le Makran, zone archéologiquement inexplorée, afin de déterminer les zones de peuplement, d’organiser la collecte de céramiques et d’établir des repères. Lui et son équipe y ont découvert des faits spectaculaires et insoupçonnés : un peuplement ayant perduré du cinquième millénaire avant notre ère jusqu’au 19ème siècle, ou l’abandon soudain et inexpliqué de la zone de Miri Qalat au cours du second millénaire. Entre autres sites, celui de Torbat s’est également avéré remarquable.

Mais ce qui, à mes yeux de néophyte en archéologie, est impressionnant dans le personnage de Roland Besenval, c’est sa capacité à collaborer en toutes circonstances avec les populations locales. Cela prouvera aux sceptiques que l’archéologie est une science humaine par excellence, qui permet de redécouvrir les fondements du passé pour comprendre nos sociétés actuelles. En termes d’échanges culturels le travail de Roland Besenval illustre parfaitement la grande tradition de coopération portée par l’expertise française.

À Karachi sa mission, comme celle d’Aurore Didier est d’établir un plan de recherche pour le Sindh, vaste projet qui le fera revenir.

Marion Roland

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